"Ils ont le droit, voire le devoir, de se poser des questions", a déclaré à propos des pilotes l'avocat général Pierre Cortes devant la cour d'assises d'appel d'Aix-en-Provence (sud-est) uniquement composée pour ce dossier de magistrats professionnels.
Bruno Odos et Pascal Fauret, quant à eux, ont toujours juré qu'ils ne savaient pas qu'ils transportaient de la cocaïne.
"Être d'anciens militaires reconvertis dans l'aviation d'affaires ne les prive pas de bon sens", a poursuivi le magistrat, estimant qu'il y avait eu un certain nombre d'"alertes sérieuses" avant leur arrestation en mars 2013 sur le tarmac de Punta Cana, en République dominicaine, au pied d'un Falcon 50 chargé de 700 kilos de cocaïne.
Et il cite les "têtes de barbouzes" au moment de la réunion préparatoire, le "passager étrange", les destinations : la République dominicaine "plaque tournante de la drogue" ou l’Equateur, qui partage des frontières avec deux des plus importants producteurs de cocaïne, la Colombie et le Pérou.
"On s'est mis en état d'aveuglement qui traduit une complicité par permissivité", a-t-il ajouté avant de réclamer à leur encontre la même peine que celle à laquelle ils ont été condamnés en première instance il y a deux ans.
Pour leurs patrons, Fabrice Alcaud et Pierre-Marc Dreyfus, les co-gérants de la société d'aviation d'affaires qui les employait, il a requis des peines de huit ans, supérieures à leur condamnation à six ans à l'issue du premier procès.
Et enfin pour le commanditaire présumé du trafic, Ali Bouchareb, et son chauffeur présumé, Michel Ristic, des peines respectives de 25 et 10 ans ont été demandées. Le premier s'était vu infliger 18 ans en première instance et le second avait été acquitté.
"Ma conviction personnelle est que tous les accusés sont coupables", a conclu Pierre Cortes.
Tous clament leur innocence dans ce dossier et les avocats, qui vont commencer leurs plaidoiries mardi, vont tous réclamer l'acquittement de leurs clients. La décision est attendue pour la fin de la semaine, jeudi ou vendredi.