Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Barack et Michelle Obama au chevet de Dallas


 président américain Barack Obama et la Première Dame Michelle Obama à Washington, 13 mai 2016. REUTERS / Carlos Barria
président américain Barack Obama et la Première Dame Michelle Obama à Washington, 13 mai 2016. REUTERS / Carlos Barria

Barack Obama se rend mardi à Dallas pour réconforter les proches de cinq policiers tués par un tireur isolé et tenter de rassembler un pays secoué par une semaine de violences sur fond de tensions raciales.

Accompagné de Michelle Obama, le président américain s'exprimera lors d'une cérémonie oecuménique au cours de laquelle son prédécesseur George W. Bush prendra également la parole.

Micah Johnson, 25 ans, tireur embusqué qui a abattu cinq policiers, a affirmé qu'il entendait tuer des Blancs, "en particulier des policiers blancs", en réponse à la mort de deux Noirs la même semaine sous les balles des forces de l'ordre en Louisiane et dans le Minnesota. Les vidéos amateur de ces deux homicides, très largement relayées sur les réseaux sociaux, ont choqué.

"Le président est conscient du fait qu'à travers tout le pays, les gens sont inquiets face aux violences de la semaine écoulée (...) mais aussi de ces dernières années", a expliqué son porte-parole Josh Earnest.

Depuis plusieurs jours, le débat a pris une tournure plus passionnelle.

L'ancien maire républicain de New York, Rudy Giuliani, a prononcé une virulente diatribe contre le mouvement "Black Lives Matter", à la pointe des dénonciations des bavures policières à l'encontre des Noirs.

"Lorsque vous dites +Les vies des Noirs comptent+, c'est fondamentalement raciste", a-t-il lancé, dénonçant des militants qui chantent "des chansons rap sur l'assassinat de policiers".

A quelques heures de la cérémonie au Meyerson Symphony Center, dans le centre de la ville, le maire démocrate de Dallas, Mike Rawlings, a appelé à ne pas céder à la panique ou à une vision fataliste de la société américaine.

"Nous devons être vigilants et garder un véritable sens de l'urgence pour aborder les questions des personnes atteintes de trouble psychologiques, de la présence policière dans les communautés", a-t-il expliqué sur CNN. "Mais il nous appartient aussi de bâtir un meilleur avenir, de nous tenir à l'écart du scénario catastrophe".

A quelques mois de son départ de la Maison Blanche, M. Obama, à qui certains reprochent son manque d'implication sur les questions raciales depuis son arrivée au pouvoir, va-t-il faire de nouvelles propositions?

'Chagrin, colère, incompréhension'

Les deux morts coup sur coup d'hommes noirs sous les balles de policiers sont le symbole d'un "grave problème" dans la société américaine, avait-il assuré vendredi depuis Varsovie où il participait à un sommet de l'Otan, avant d'apprendre la tuerie de Dallas.

Déplorant le fait que son pays avait vécu "trop de fois des tragédies" comme celles-ci, le premier président noir des Etats-Unis avait appelé la police à entreprendre des réformes.

Il rassemblera mercredi à la Maison Blanche des représentants des forces de l'ordre, des militants des droits civiques, des universitaires et des élus locaux pour "dégager des solutions concrètes", selon les termes de l'exécutif, face à la méfiance et la crainte qui dominent dans de nombreuses communautés.

S'il reconnait que d'énormes progrès restent à accomplir, M. Obama veut aussi essayer de faire passer une vision plus optimiste de le société américaine.

"Je suis profondément convaincu que l'Amérique n'est pas aussi divisée que certains le suggèrent", a-t-il affirmé ce week-end. "Il y a du chagrin, de la colère, de l'incompréhension (...) mais il y a de l'unité".

Pour mieux illustrer son propos, il devrait rencontrer à Dallas un homme qui s'est imposé en quelques jours comme une figure à la fois rassurante et chargée d'espoir.

David Brown, chef de la police de la ville, homme noir à la tête d'une des polices les plus importantes du pays, a trouvé un ton et un message qui ont résonné bien au-delà des frontières du Texas.

Dès vendredi, cet homme qui a vécu, depuis la fin des années 1980, la mort de son ancien coéquipier, de son frère et de son fils, tous tués par balles, a appelé à combler le fossé entre police et citoyens et à renouer les fils du dialogue.

"Nous n'allons pas laisser un lâche qui a pris par surprise des policiers changer notre démocratie. Notre ville, notre pays, valent mieux que cela."

Avec AFP

XS
SM
MD
LG