Le Kenya a officiellement demandé l'abandon total des poursuites engagées par la Cour pénale internationale contre Uhuru Kenyatta et William Ruto, respectivement chef de l'Etat et vice-président du pays.
La défense de M. Kenyatta a déjà demandé l'abandon des poursuites devant la CPI lorsqu'il était candidat à la présidence
Si l'article 16 du Statut de Rome stipule que le Conseil de sécurité de l'ONU peut contraindre la Cour à surseoir aux enquêtes et poursuite durant un an, et ce de façon renouvelable, il ne prévoit pas que le Conseil puisse obliger la CPI à abandonner définitivement des poursuites.
Jusqu'à present, les autorités kényanes se sont toujours engagés à coopérer avec la CPI.
Le président et le vice-président kényans sont poursuivis pour crimes contre l'humanité pour leur responsabilité présumée dans les terribles violences sur lesquelles avait débouché la précédente présidentielle, fin 2007, lors de laquelle ils appartenaient aux deux camps rivaux.
Plus d'un millier de personnes ont été tuées dans les violences déclenchées fin 2007 par l'annonce de la défaite à la présidentielle de Raila Odinga, alors soutenu par M. Ruto, face au président sortant Mwai Kibaki, soutenu par M. Kenyatta. L
L'accusation a en mars dernier abandonné les poursuites contre Francis Muthaura, ancien directeur de la Fonction publique.
Mme Bensouda a répondu en qualifiant la lettre de "tentative détournée de politiser le processus judiciaire de la CPI".