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Des manifestations au Togo font 12 blessés, dont 5 graves


Des affrontements à Deckon, au centre-ville de Lomé, au Togo, le 28 décembre 2017. (VOA/Kayi Lawson)
Des affrontements à Deckon, au centre-ville de Lomé, au Togo, le 28 décembre 2017. (VOA/Kayi Lawson)

Les manifestations qui se sont déroulées jeudi dans les rues de Lomé, la capitale du Togo, à l'appel de l'opposition pour protester contre le régime de Faure Gnassingbé, ont fait 12 blessés, dont cinq graves, a déclaré vendredi la coalition.

"Le bilan provisoire fait état d'au moins 12 blessés dont 5 cas graves. Ces cas graves sont actuellement en soins intensifs", a déclaré Antoine Folly, porte-parole de la coalition de 14 partis d'opposition, lors d'une conférence de presse.

Il a fait état également d'une "quinzaine d'arrestations", en marge des marches qui ont été dispersées jeudi soir par des tirs de gaz lacrymogènes.

"A un moment, une grenade qui est entrée dans ma voiture a explosé à mes pieds", a raconté Eric Dupuy, porte-parole de l'ANC (Alliance Naionale pour le Changement), parti d'opposition historique, dans un texte publié vendredi.

"La visibilité et la respiration étaient totalement impossibles. Nous aurions pu foncer dans mur ou mourir asphyxiés", a-t-il souligné.

Les milliers de manifestants, qui protestent depuis plus de quatre mois pour demander une limitation du mandat présidentiel et la démission du président Faure Gnassingbé, n'ont pas suivi l'itinéraire prévu par les forces de l'ordre et se sont rendus à Dekon, dans le centre ville en fin de journée.

La veille, le ministre de la sécurité, le colonel Yark Damehame les avait mis en garde, les invitant à se "conformer scrupuleusement aux points d'accord convenus avec gouvernement".

Depuis le mois d'août, "la mobilisation continue car les populations savent que sans la mobilisation, elles ne peuvent rien obtenir", avait expliqué mercredi à l'AFP Jean-Pierre Fabre, président de l'ANC, en marge d'une marche.

Le chef de l'Etat Faure Gnassingbé est à la tête du Togo depuis 2005, succédant à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé sans partage le pays pendant 38 ans.

Un projet de révision de la constitution est en cours, mais la limitation à deux du nombre de mandat présidentiel n'est pas rétroactive, et autoriserait le président à se représenter en 2020 puis en 2025, ce que rejette l'opposition.

Plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, inquiets de l'instabilité que peut engendrer la crise togolaise, ont demandé des pourparlers entre le pouvoir et l'opposition, sous la médiation du président ghanéen Nana Akufo-Addo et guinéen Alpha Condé.

Selon l'opposition, ils auraient été rejoints "par le Bénin et le Burkina Faso qui ont souhaité appuyer les deux pays dans cette mission de médiation".

Mais le dialogue annoncé depuis début novembre par le gouvernement, peine à démarrer.

L'opposition exige des "mesures d'apaisement" notamment la libération des manifestants en prison et le retrait des forces de sécurité dans le Nord, avant le début des discussions.

Seize personnes, dont des adolescents et deux militaires lynchés par la foule, ont été tuées depuis le début des manifestations, selon un bilan établi par l'AFP.

Une nouvelle journée de contestation est prévue samedi.

Avec AFP

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